Compétition pour un espace acoustique réduit : Impact du bruit anthropique et de la compétition interspécifique sur la Mésange bleue et la Mésange charbonnière
L’impact du bruit urbain et de l’interaction entre espèces chez la mésange bleue et la mésange charbonnière.
L’augmentation du bruit anthropique sur les basses fréquences du spectre perturbe la communication acoustique et les organismes doivent ajuster leurs signaux en conséquence. En réduisant l’espace acoustique disponible, la pollution acoustique peut modifier la compétition interspécifique.
Ces données ont permis d’explorer les caractéristiques spectraux et temporels des chants de deux espèces proches écologiquement que sont la mésange bleue (Cyanistes caeruleus) et la mésange charbonnière (Parus major), le long de deux gradients : un gradient de bruit anthropique (mesuré en dB) et un gradient d’abondance relative, comme proxy de la compétition interspécifique, mesuré à l’aide de point d’écoute.
Les données ont été collectées entre 2022 et 2024, pendant la reproduction des mésanges, à Besançon, Dijon et Lyon et 3 forêts proches. Nous avons trouvé que les mésanges charbonnières présentaient des chants avec une plus haute fréquence maximale dans les endroits bruyants et une plus basse fréquence minimale dans les territoires avec une forte abondance de mésange bleues. La fréquence minimale des chants de mésanges bleues changeait avec l’abondance de mésanges charbonnières, mais la direction de ce changement dépendait de l’abondance de conspécifiques.
Bien qu’aucun effet synergique de la pollution acoustique et de la compétition n’ait été détecté, l’augmentation de la fréquence maximale de la mésange charbonnière entrainait un chevauchement de niche acoustique plus important avec la mésange bleue, ce qui pourrait entrainer une augmentation de la compétition entre ces deux espèces.
Cette étude met en lumière l’importance de considérer l’impact des activités humaines sur les mécanismes sous-jacents à la coexistence entre espèces.